dossier
Février 2001
 
Marc Laperrière : développeur régional
 
Par Suzanne Dion,
consultante en communications et développement des organisations
Xavier Abadie : animateur, marchand de bonheur
Hubert Lacoste : une production hautement spécialisée pour un marché mondial
Marie-Claude et Didier Della-Vedove : la valorisation d’un riche patrimoine
Chantal Dufour et Alain Forget : l’art des potions magiques
Yvonne Lefort et Bernard Tremblay : nouveaux coureurs des bois
Marc Laperrière : développeur régional
Après avoir commencé sa carrière comme cuisinier, Marc Laperrière fait des études de technicien agricole à l’ITA de La Pocatière. C’est à ce moment qu’il s’intéresse à l’élevage du petit gibier. L’entreprise agricole qu’il exploite depuis dix ans, La Gibecière du Témis, produit des oiseaux pour la chasse, la chair et la vente de poussin. Elle s’ouvre aussi aux touristes : une table champêtre met à profit les talents culinaires du propriétaire.

Son rôle de technicien agricole puis ses engagements régionaux l’ont amené à créer un réseau d’éleveurs qui, comme lui, ont transformé à peu de frais d’anciens bâtiments d’entreprise laitière pour s’orienter vers l’élevage de faisans, de cailles, de perdrix, de pintades, de canards… Dans l’est du Québec, cette année on aura produit 100 000 oiseaux gibiers. Dans ce domaine, il n’y a ni syndicat, ni regroupements d’éleveurs, ni aide technique. « Il faut avoir l’âme du défricheur », affirme-t-il.
Marc Laperrière aime défricher. Non seulement a-t-il créé des outils techniques, des documents informa-tifs, des activités de formation pour son réseau d’éleveurs, il a fondé l’an dernier, Avibier, une usine de transformation de produits du terroir qui fabrique entre autres des charcuteries de volailles et de gibiers. On entend de plus en plus parler des produits Avibier : mousseline de foie de faisan au porto d’érable, terrine trois gibiers à l’hydromel, foie blond de canard au Pacomois, creton de sanglier, etc.
Le succès est tel que Marc Laperrière fait déjà face aux difficiles problèmes liés à la croissance. Organiser la distribution des produits transformés de sept éleveurs, élargir la clientèle, développer des ententes d’affaires en dehors de la région, résoudre les problèmes de trésorerie, continuer la recherche de nouveaux produits, en assurer la qualité, les préoccupations ne manquent pas. « L’étape actuelle est cruciale, avoue-t-il, et je ne peux pas défaillir. »
C’est en maillage avec les orga-nismes de sa région qu’il travaille. C’est aussi sa région qu’il vend avec ses produits. La municipalité de Saint-Cyprien, le Groupement forestier de Taché, le réseau Les saveurs du Bas-Saint-Laurent appuient ses initiatives et il appuie les leurs. Il parle autant du développement de sa région, de celui de la profession de charcutier que de celui de sa propre entreprise. Le graphisme recherché des documents promotionnels est l’œuvre d’une firme de la région de même que les alcools qui parfument ses charcuteries.
« J’aime créer, explique-t-il. Je veux marier les approches québécoises et françaises pour mettre au point de nouveaux produits. Je veux utiliser les produits d’autres artisans pour aller plus loin. Je veux aussi créer des emplois intéressants où les gens seront heureux de travailler. Je veux faire de la place aux jeunes et, je l’espère aussi, à mon fils qui s’intéresse à mon domaine. »

Retour en haut