dossier
Février 2001
 
Hubert Lacoste : une production hautement spécialisée pour un marché mondial
 
Par Suzanne Dion,
consultante en communications et développement des organisations
Xavier Abadie : animateur, marchand de bonheur
Hubert Lacoste : une production hautement spécialisée pour un marché mondial
Marie-Claude et Didier Della-Vedove : la valorisation d’un riche patrimoine
Chantal Dufour et Alain Forget : l’art des potions magiques
Yvonne Lefort et Bernard Tremblay : nouveaux coureurs des bois
Marc Laperrière : développeur régional
L’ entreprise morcelée que Hubert Lacoste a reprise de ses parents rendait difficile la culture des céréales avec les technologies actuelles. Par contre, plusieurs parcelles touchant à une rivière, la production de légumes s’avérait propice. À l’époque où le marché s’établissait au niveau régional, son père avait eu du succès en produisant des asperges qu’il vendait au marché local. Avec la création de l’Europe et du marché international, la compétition d’autres régions agricoles obligeait à se distinguer.

Devinez d’où lui est venu l’idée de cultiver du brocoli? Eh oui, de chez nous où il a réalisé un stage en 1978! Pendant 10 ans, brocoli et maïs lui rapportent bien. Maintenant que tout le monde en fait, il est rendu ailleurs. En côtoyant les grossistes haut de gamme de Paris, on lui parle d’une demande pour les mini-légumes. Étonné, il s’informe et expérimente la culture des pâtissons verts et jaunes et des mini-courgettes d’abord en plein champ et, depuis 1994, sous serres, ce qui lui permet de fournir ses clients plus longtemps.
Les acheteurs de ces légumes particulièrement savoureux et fort attrayants sont des traiteurs renommés, des grossistes de France, de Suède, de Suisse ou du Danemark. Ces petits bijoux décorent les assiettes des touristes des croisières, des participants aux banquets de Rolland Garros, de salons aéronautiques et autres événements où les gens ont déjà tout vu et où chaque détail prend de l’importance. Les clients de Hubert Lacoste sont donc exigeants sur le plan de la qualité visuelle, sanitaire, gustative et environnementale. Même les emballages sont scrutés : ils doivent être biodégradables. « Si un problème survient, il faut communiquer. Il m’arrive de laisser des notes dans les barquettes pour que les chefs comprennent pourquoi il y a un changement dans la livraison. Il faut être patient pour créer cette clientèle, mais elle paye très bien. »
La qualité de la production offerte par Hubert Lacoste lui crée ce que nous considérons habituellement comme un beau problème : il ne peut pas toujours répondre à la demande. Par contre, il peut arriver qu’il n’y ait pas de commande lorsqu’un champ est prêt! Il n’y a rien de plus irrégulier que les réceptions du jet set! Orchestrer la production pour qu’elle corresponde à la demande représente un casse-tête pour Hubert Lacoste qui maîtrise maintenant très bien la production. Avec sa conjointe, qui poursuit sa carrière dans l’enseignement, il jongle à un projet de mise en conserve afin de réguler les débouchés de sa production. Agissant de concert avec un producteur français installé en Afrique du Sud et qui prend son relais l’hiver, il arrive à un autre carrefour de sa carrière de producteur. Dans quelle direction innovera-t-il cette fois-ci?

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